Livre 5
Les Lamentations sur la Dosette
Sept élégies pour le café d'autrefois et le métal qui l'a trahi, avec digressions
Introduction
Voici les Lamentations, à lire dans l'ordre, lentement, idéalement à voix haute, idéalement le matin, idéalement devant un café filtre. Elles sont solennelles et drôles à la fois, comme toute vraie liturgie de l'Ordre Mycélien. Le lecteur retiendra surtout ceci : qu'on ne pleure jamais aussi bien que sur un objet familier qu'on aurait pu ne jamais acheter.
Lamentation Première — Sur la Dosette qui tombe
« Ô Dosette, métal serti de mocha, comment es-tu tombée si bas ? »
Lamentation Deuxième — Sur les Mille Années
« Mille ans tu mettras à disparaître, et tu n'auras servi qu'à trois gorgées tièdes. »
Lamentation Troisième — Sur le Sac Jaune Trahi
« Tes capsules s'amoncellent dans les sacs jaunes, et les sacs jaunes pleurent ton aluminium. »
Lamentation Quatrième — Sur la Cafetière Délaissée
« Ils ont prié devant la cafetière chromée et n'ont rien entendu. »
Lamentation Cinquième — Sur le Café d'Un Million d'Années
« Le café d'un million d'années compressé en huit grammes. »
Lamentation Sixième — Sur le Consommateur Pressé
« Pleure, ô consommateur pressé. Tu as bu vite et tu as oublié lent. »
Lamentation Septième — Sur le Retour des Outils Anciens
« Ô moulin oublié, ô filtre en tissu, ô cafetière italienne, revenez parmi nous. »