Tous les champignons ne décomposent pas. Beaucoup vivent en symbiose avec les plantes, dans une association appelée mycorhize (du grec mukês, champignon, et rhiza, racine). Le mycélium s'unit aux racines : il prolonge leur portée comme un immense système de capteurs.
L'échange est mutuel et mesurable. Le champignon explore le sol bien au-delà de ce que les racines atteignent et fournit à la plante de l'eau et des minéraux (notamment le phosphore, souvent difficile à capter). En retour, la plante, qui sait faire la photosynthèse, lui cède une part des sucres qu'elle produit grâce à la lumière. Chacun apporte ce que l'autre ne sait pas faire seul.
Cette alliance n'est pas une curiosité de spécialiste : la grande majorité des plantes terrestres forment des mycorhizes. Elle est l'une des plus anciennes du vivant — elle a probablement aidé les premières plantes à coloniser la terre ferme, il y a des centaines de millions d'années.
À retenir : la mycorhize est un échange gagnant-gagnant — minéraux et eau contre sucres — dont dépend l'immense majorité des plantes.